27.10.2007

Des jours avec et des jours sans...

Il y a des jours comme ça…


ddb79ae411ac5f6a396d17db177f400b.jpg Il y a des jours comme ça où tout va mal. Des jours où je rentre fatigué du boulot, après avoir évité des queues de poissons en vélo. Après avoir lu les infos et m’être une fois de plus arraché les cheveux sur la frénésie de notre cher président à détruire ce qui nous restait de justice sociale et sur la parodie de démocratie participative qu’est le Grenelle de l’environnement. Des jours où Raphaël me brise les oreilles quand je lui fait un câlin. Où la musique que j’aime est mutilée par les scooters qui passent dans la rue. Des jours où l’on prend en pleine face le fait que la société et la pub nous créent des rêves idéalisés et irréalisables, comme les jambes sans cellulite des mannequins retouchées par ordinateur, ou les bébés idéaux aux fesses roses. La réalité, c’est quand on se cogne.

 


Et puis il y a des jours comme ça où un rayon de soleil suffit à me rendre heureux. Une tendre euphorie quand Raphaël me sourit. La joie tout simple de cuisiner pour ma petite famille. Le bonheur de tenir la main de Florence. Ces jours là, j’ai l’impression d’être à ma place dans le monde. La femme qu’il me faut, avec qui j’ai des projets plein la tête. Un boulot qui me plait et où j’ai l’impression d’être utile à l’environnement. Un mode de vie qui tout doucement se rapproche de mes convictions : aller au boulot en vélo quand le temps le permet, manger bio quand le budget le permet, manger moins de viande mais de la bonne, être accepté avec la longueur de cheveux que j’ai, me passer de télé depuis 4 ans… Idem avec Raphaël pour les couches lavables. En l’occurrence pour Flo c’est plus une question de budget que d’écologie, mais elle me comprend sur tous ces sujets et c’est déjà beaucoup.


c02b1ae50caff64fa330b65b47e727d2.jpg Un jour comme ça, l’arrivée de Raphaël m’a fait prendre conscience de tout ça. Je m’aperçois que j’ai déjà réalisé un certain nombre de mes rêves. Je repense au chemin parcouru depuis le collège et l’éveil de ma conscience écologique, la révolte qui allait avec et avec cet âge, et les pamphlets dans le journal du lycée. Je me suis calmé depuis même si finalement je retrouve certains de mes vieux démons avec l’idée de la Décroissance qui me semble aujourd’hui la seule solution pour éviter la catastrophe écologique et géopolitique. Le Développement Durable, l’idée que les entreprises sont capable de faire autre chose que du greenwashing, ou encore les solutions technoscientifiques pour soigner le mal par le mal (du genre séquestration du CO2 ou pire) seront incapables de gérer l’importance des enjeux. Enfin bref ce n’est pas le sujet (je m’emporte :-).


Finalement, un beau jour, je me suis fait à l’idée que la France est un pays de beaufs plus intéressés par leur bagnole et leur pognon que par les gens autour d’eux. Je sais que je ne changerai pas le monde, mais je compte bien sauter du train avant qu’il ne s’écrase dans le mur. Je ne suis pas le seul à penser qu’il vaut mieux travailler moins pour vivre mieux que travailler plus pour gagner plus, ce qui revient à perdre son temps à gagner sa vie. J’ai encore plein de rêves à réaliser (construire ma maison bioclimatique, me passer définitivement de voiture, bosser moins pour m’occuper de Raphaël et faire plus de musique, etc…) et surtout j’ai maintenant à me préoccuper de la Croissance… de mon marmot. Mais déjà je suis plus en accord avec moi même que jamais. Le bonheur, je ne le cherche pas ailleurs que dans les choses les plus simples et les plus naturelles de la vie. Il s’agit plus de conjuguer le verbe être que le verbe avoir.